Conseils pratiques pour voyageurs photographes
De nombreux pays offrent des conditions exceptionnelles pour la photographie animalière : Costa Rica, mais aussi Amazonie, Colombie, Pérou, Indonésie, Thaïlande, Afrique équatoriale ou encore certaines îles d’Asie du Sud-Est.
Ces destinations ont toutefois un point commun : une nature dense, humide et parfois imprévisible, qui met le matériel et le photographe à l’épreuve. À travers cet article, je vous propose à la fois quelques unes de mes photos réalisées au Costa Rica et surtout des conseils applicables à de nombreux voyages en zones tropicales ou équatoriales.
Une faune incroyable, mais exigeante à photographier (dans de nombreux pays tropicaux)
Oiseaux multicolores, paresseux, singes, grenouilles, reptiles… La faune costaricienne est omniprésente, mais pas toujours facile d’accès. Les animaux sont souvent loin, partiellement cachés par la végétation, et les conditions de lumière sont complexes en forêt tropicale.
C’est ce qui rend l’expérience passionnante, mais aussi parfois frustrante. Une bonne préparation et quelques réflexes techniques permettent toutefois de maximiser ses chances de réussite.
Bien préparer son matériel pour un voyage en milieu tropical
Protéger son matériel de la pluie et de l’humidité
Dans de nombreux pays tropicaux, l’humidité est omniprésente, même en saison « sèche ».
Quelques indispensables :
- Housse pluie pour l’appareil photo (ou à défaut un sac plastique solide)
- Sac photo étanche ou déperlant
- Sachets de gel de silice dans le sac pour limiter l’humidité, couche culotte pour ranger l'appareil la nuit (elle absorbera efficacement l'humidité :))
- Essuyer régulièrement son matériel et éviter les changements brusques de température (attention à la condensation)
Voyager léger mais efficace
En photographie animalière de voyage, le choix des objectifs est toujours un compromis entre polyvalence, poids et efficacité sur le terrain. Beaucoup de photographes optent pour un duo grand angle + téléobjectif. Le grand angle permet de capturer les paysages, l’ambiance de la forêt ou des scènes contextualisées, tandis que le téléobjectif est indispensable pour photographier les animaux souvent éloignés et discrets.
L’inconvénient de cette combinaison est qu’elle implique plus de changements d’objectifs, avec un risque accru pour le matériel dans des environnements humides et poussiéreux, sans parler du poids supplémentaire dans le sac.
On pourrait recommander:
- Un boîtier réactif (bonne montée en ISO)
- Un objectif polyvalent et/ou un téléobjectif (200 mm minimum, idéalement 300–400 mm)
- Un trépied léger ou un monopode, très utile dans certaines situations
Pour ma part, j’ai fait le choix de renoncer au grand angle et de photographier l’ensemble du voyage avec un 100–500 mm. Certes, cela implique de faire l’impasse sur certaines vues d’ensemble, mais en contrepartie, j’ai gagné en sécurité, en confort et en efficacité pour l'animalier, des critères essentiels pour moi. J'ai quand même réalisé quelques photos de paysages au téléobjectif, exercice intéressant.
Maximiser la netteté sur le terrain
En forêt, la lumière est souvent faible. Pour limiter le flou :
- Stabilisation activée si disponible
- Appui contre un arbre ou une rambarde
- Utilisation d’un trépied lorsque le sujet est immobile
- Rafale courte pour augmenter les chances d’une image nette
Réglages et mise au point en forêt tropicale (valables dans de nombreuses destinations)
Gérer une lumière difficile
La forêt tropicale offre une lumière très contrastée : zones sombres, taches de lumière, feuillages brillants.
Quelques pistes :
- Mode priorité ouverture pour garder le contrôle sur la profondeur de champ
- Ouverture souvent assez grande (f/5.6 à f/6.3) pour laisser entrer la lumière
- ISO automatiques avec une limite personnalisée
- Vitesse suffisante pour figer les mouvements (surtout pour les oiseaux)
- Si votre appareil le permet prévoir un préréglage pour les oiseaux posés et un autre pour les oiseaux en vol
Faire la mise au point dans les branchages
C’est l’une des plus grandes difficultés en animalier tropical.
Mes conseils :
- Utiliser un collimateur unique ou une zone très réduite
- Viser l’œil de l’animal, même partiellement visible
- Éviter les modes automatiques trop larges qui accrochent les branches
- Faire plusieurs images en ajustant légèrement la mise au point
Pour les sujets lointains et peu contrastés, il faut parfois accepter de prendre son temps et attendre un léger déplacement de l’animal pour dégager la vue.
Le post-traitement : une étape clé pour sublimer ses images
Les photos prises en forêt tropicale sortent rarement « parfaites » du boîtier. Et c’est normal.
Le post-traitement permet de :
- Corriger une balance des blancs souvent verdâtre
- "Rapprocher l'animal"
- Récupérer des détails dans les ombres
- Améliorer le contraste local
- Renforcer légèrement la netteté du sujet
- Mettre en valeur l’animal sans dénaturer la scène
Un logiciel comme Lightroom est largement suffisant pour débuter. L’objectif n’est pas de transformer la réalité, mais de retrouver l’ambiance ressentie sur le terrain. La combinaison avec quelques fonctions de Photoshop permet de gagner en netteté.
Voyager, observer, apprendre
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